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Les tempéraments neurologiques

Il s’agit à présent de se situer (ou situer ses proches) sur l’échelle réactionnelle qui utilise le système nerveux végétatif comme outil d’adaptation. En effet, avec le système glandulaire, notre système nerveux gère en permanence les meilleures réponses possibles face à toutes les formes de changement, stress, challenge ou conflit.

  1. L’eutonique : Dans le tableau suivant, seul le profil dit Eutonique (bon tonus) est un maître incontesté de la zénitude : sans efforts, il sait s’adapter avec le minimum d’effort et de sacrifices métaboliques. Il garde le sourire en toutes occasions. Mieux, il sait rebondir (résilience) sur les épreuves qui sont devenues ses amies, sur le mode quasi initiatique ! On connait quelques personnages possédant cet équilibre, comme le regretté naturaliste Théodore Monod, le Dalaï-Lama, Mère Thérèsa… et leur rareté statistique ne doit pas pour autant nous décourager de cheminer vers l’harmonie qu’ils rayonnent ! Dans la psychologie de la gestion du stress, on les dits de type B.
  2. Le sympathicotonique. Une majorité d’occidentaux développent une adaptation périlleuse, toujours en force ou en souffrance, exprimant les vieux réflexes de survie dont se souvient notre cerveau archaïque[1]: fuir ou combattre. Ils surmènent une branche neurovégétative qui fait d’eux des Ortho (ou hyper ortho) sympathicotoniques. Une majorité de Neuro-Arthritiques ont fait ce choix inconscient et la kyrielle de soucis liés à ce surmenage nerveux va crescendo à mesure que l’on descend sur le tobogan. Deux possibilités d’expression de ce tempérament sont à distinguer :
  • Parmi les profils ortho sympathicotoniques dit « A », certains se retrouveront sur le mode résolument lutteur, agité, insomniaque, voire agressif et leurs proches n’ont qu’à faire avec : pas de concessions possibles ici, il fait vivre vite, efficace, voire dangereusement, et la compétition (professionnelle notamment) peut devenir un terrain d’élection pour mettre à profit ses qualités combatives. Les émotions s’expriment, sur un mode peu élégant, mal contrôlé. A la clé, un nombre impressionnant de troubles fonctionnels puisque le système nerveux cravache continuellement : d’année en année les digestions deviennent plus difficiles, acides ou spasmées, le transit ralentit, le cœur bat trop vite, la tension artérielle s’élève, le sommeil se dégrade ainsi que la libido[2]… On sait hélas qu’une majorité d’infarctus du myocarde sont constatés sur ces profils connus des psychologues depuis les années 50[3] sous le nom de types A, parmi lesquels on retrouvera Louis de Funès ou monsieur Mélenchon ou Sarkozy, parmi beaucoup d’autres…
  • D’autres ont choisi le mode du camouflage, de la discrétion à tous prix, de l’indispensable bluff : on les dit « C ». Ils se mentent à eux-mêmes comme aux autres pour garder bonne figure. Ils subissent souvent l’héritage bien-pensant de leur lignée, ces familles où il faut prendre sur soi, ne pas déranger, ne pas pleurer, ne pas se faire remarquer, être comme il faut… Un tel comportement fait monter la pression rapidement, dès l’enfance et à force de serrer les dents et les poings pour se contrôler, les pathologies sont plus souvent d’ordre psychosomatiques. Faute de mots, on sait combien les maux s’expriment… On constate aussi qu’un certain nombre de pathologies lourdes, dont les troubles auto-immuns et les cancers, possèdent une composante de ce type où les émotions n’ont pas droit de cité.
  1. Les para sympathicotoniques. A l’opposé comportemental des types réactionnels B hyperactifs, on rencontre parfois de vrais para sympathicotoniques (ou vagotoniques[4]); comme le jour et la nuit ou le Yang ou le Yin, notre système nerveux autonome possède en effet son couple ortho et parasympathique. Ce dernier est considéré comme le meilleur ami de notre santé puisqu’il est impliqué dans les processus de récupération, de régénérescence, d’autoguérison. En mode vagotonique, nous baillons, nous nous abandonnons au sommeil, le rythme du cœur s’apaise, le diaphragme se libère, les vaisseaux périphériques se dilatent et les extrémités se réchauffent. Le para sympathicotonique exprime bien, voire à l’excès, le mode de la lenteur : il correspond un peu au Lymphatique d’Hippocrate, et on le rencontre souvent chez l’Obèse. Gros dormeur, il semble réglé sur pour la slow life, à contre-courant de tous les agités et les surexcités perdus dans leur rythme frénétique ! Amis fidèles au cœur paisible, leur passion se fait discrète, leur mental intuitif, leur imagination rêveuse mais fertile. Ils prennent leur temps et s’épargnent… Leur libido ne brille pas par l’art de la séduction mais leurs érections sont les plus longues et généreuses. On ne confondra pas ce tempérament avec un tableau d’hypothyroïdie, car nombre de symptômes sont communs (et en cas de doute, un bilan sanguin sera indispensable).
  2. Les dystoniques, quant à eux sont les victimes d’une alternance excessive entre les deux modes ortho et para : leur difficulté sera de se stabiliser en un point d’équilibre plutôt que de passer d’un extrême à l’autre. On retrouvera ici la famille des personnes anxieuses et dites spasmophiles, sujettes aux crises d’angoisse, de tétanie ou de panique, souffrant de spasmes intestinaux et d’alternance constipation / diarrhée. S’alternent aussi chez elles les bonnes et les mauvaises nuits, les émotions optimistes puis déprimées, les moments de frilosité et de bouffées de chaleur, les irrégularités du rythme cardiaque et respiratoire, du cycle menstruel, de la libido, etc…

 

Mes observations personnelles :

Je me reconnais comme un tempérament neurologique…

 

Conseils pratiques aux ortho-sympathicotoniques : s’autoriser des pauses dans la journée, de mini séances de sophrologie dynamique, ou des respirations lentes et conscientes (cohérence cardiaque[5]). Augmenter peu à peu son temps de sommeil ou s’accorder une courte sieste après le déjeuner. Diminuer tous les excitants qui activent l’orthosympathique (café, thé, guarana, maté), ainsi que les aliments acides et acidifiants susceptibles d’irriter cette branche du système nerveux. Massages, bains chauds, hammam, yoga ou Tai-chi ne sont pas une perte de temps mais de vrais plus pour être efficace au quotidien et optimiser la qualité de la vie, la créativité. Des apports de magnésium, phospholipides de poisson, vitamines du groupe B et oméga 3 seront les bienvenus. Quelques onctions aromatiques du plexus solaire avec une huile essentielle de lavande fine, de marjolaine des jardins ou d’ylang-ylang[6] apporteront des notes douces et apaisantes, sans pour autant impacter la conscience ou la vigilance comme le feraient bien des sédatifs de synthèse. Parmi les bons services d’un naturopathe, s’offrir des séances de sympathicothérapie[7], souveraine pour réhabiliter le parasympathique laissé pour compte. On ne négligera pas la pratique de respirations lentes, profondes et ventrales. Souvent, un accompagnement psychothérapeutique mettra en évidence les bonnes ou mauvaises raisons accumulées pour entretenir un rythme de vie aussi effréné : fidélisation à un comportement parental ? peur de l’inaction ? culpabilité ? déprime bien enfouie ?…

 

Conseils pratiques aux para-sympathicotoniques :

Si la gestion de leur quotidien, leur réussite professionnelle ou leur confort familial ne sont pas impactés négativement par leur comportement de vagotonique, pourquoi chercher à changer ! Certaines personnes de ce profil peuvent parfaitement trouver leur équilibre mais ce sont souvent, hélas pour eux, leurs proches qui se trouvent en difficulté face à leur rythme résolument tranquille et donc atypique, voire tout à fait désadapté. Dans ce cas, on pourra conseiller une alimentation plus yang que yin (modérée en fruits et produits crus, plus riches en épices, céréales et protéines), des douches alternées se terminant par le froid, la pratique d’un sport d’équipe stimulant l’adaptation au groupe en action, des cours de yoga dynamique du type Yiengar ou la pratique d’un art martial non violent (Kinomichi). Les respirations hautes du yoga (Bhastrika) seront les bienvenues dans la journée pour stimuler le passage à l’action, de même que des percussions des lombes avec les poings, après s’être oint la région des reins avec quelques gouttes d’huile essentielle d’épicéa ou de romarin camphré[8]. Un naturopathe formé à la pratique des moxas pourra offrir des services efficaces, surtout en saison froide. Quelques cures de plantes dites adaptogènes[9] pourront compléter cette stratégie dynamisante, comme l’éleuthérocoque, la maca, le ginseng, le maté…

 

Conseils pratiques aux dystoniques :

Une bonne hygiène de vie ne les transformera pas radicalement mais neutralisera les excès de variations, comme pour gommer les pics trop hyper ortho ou hyper para. Le confort de vie s’en trouvera amélioré. Au plan alimentaire, une vigilance sera nécessaire pour éviter les excès quantitatifs, les mélanges trop complexes au même repas et bien évidemment les sources d’acidose[10]. S’astreindre à des heures régulières pour les repas, le coucher et le lever, les alternances activités et repos pourra recadrer la relative anarchie des dystoniques. Des plages de relaxation expresse (du type Jacobson ou Schultz) seront à intégrer pour normaliser les périodes suractives. La pratique de la respiration alternée du yoga est également souveraine sur ces terrains, ainsi que les réflexologies puissantes comme la méthode allemande Baunscheidt[11]. Des apports réguliers de magnésium (dattes, fèves de cacao cru, bulots…) et de vitamines du groupe B (germe de blé, pollen frais) seront de réels nutriments du système nerveux en quête de stabilité. Au plan des activités corporelles, l’idéal serait de conjuguer yoga et danse ou Tai-Chi et Aïkido. Les bains tièdes (39°C) prolongés (45 minutes) ont régulièrement donné de bons effets. Enfin, quelques plantes porteuses d’harmonie neurovégétative seront bienvenues en cures, comme la Morinda citrifolia (ou noni) et le Tulsi (ou basilic sacré), sans oublier le couple d’oligoéléments Manganèse-Cobalt.

 

Conseils pratiques aux eutoniques :

Que proposer à celles et ceux qui jouissent d’une telle qualité comportementale ? Probablement leur conseiller de prendre grand soin de leur capital sans oublier de remercier leur lignée (pour ceux qui placent la génétique au premier plan) ou leur karma* (pour ceux dont la vision spirituelle est assez large et qui comprennent que rien n’est hasard ou simple hérédité) … L’ouverture du cœur saura faire profiter leurs proches de ces temps de partage convivial où l’eutonique demeure un fanal de quiétude, de bonne humeur et de stabilité. En groupe, lors d’un diner de mariage par exemple, les hyper-ortho s’agitent et se perdes en diatribes passionnées et bruyantes ; les hyper-para baillent et soupirent, comme imperméabilisés, se languissant de leur bon lit ou s’attardant sur les desserts ; les dystoniques passent du rire aux larmes, et se torturent pour reprendre ou pas du gâteau… En cette charmante réunion de famille, seuls les eutoniques demeurent joyeux, stables et à l’écoute bienveillante des autres, inébranlables si on les critiques, libérés des affres de la culpabilité et sachant toujours mesure garder. Un souhait tout de même : Pourvu que cela dure !

 

Les deux grands chapitres traitant des constitutions et des tempéraments achevés, il est à présent nécessaire d’aborder le domaine des diathèses afin d’affiner les observables du bilan dans le moment présent.

 

 

[1] Dans la même collection : Nos 10 cerveau en naturopathie. Daniel Kieffer, éditions Jouvence 2019

[2] Au plus de l’activité sexuelle, l’orthosympathique commande l’éjaculation ou l’orgasme et le parasympathique l’érection ou la lubrification vaginale.

[3] Travaux de Meyer Friedman et Ray Rosenman

[4] En référence au nerf vague, ainsi nommé car longtemps ignoré ou mal perçu par les anatomistes. Les malaises vagaux expriment une bouffée de cette branche neurologique et se manifestent par des syncopes ou de la bradycardie par exemple (rythme cardiaque très lent).

[5] Tout savoir sur la respiration, Daniel Kieffer, Jouvence 2019

[6] Par précaution, diluer dans une noisette de gel d’aloe vera ou d’huile douce par exemple.

[7] Ou réflexologie endonasale

[8] Ibid.

[9] Cf. : Encyclopédie de revitalisation, Daniel Kieffer, éditions Sully réédition 2018

[10] Cf. : Acidose et mucose. Daniel Kieffer, éditions Jouvence 2019

[11] Cf. : La méthode de réflexologie Baunscheidt, Daniel Kieffer, éditions Grancher 2018